Taranta.
S’il reste encore inconnu d’une majorité du grand public, le nom de Mina Tindle circule dans les cercles de la scène indépendante parisienne depuis quelques années déjà. Derrière ce pseudonyme se cache Pauline de Lassus, jeune femme de 28 ans, parisienne aux origines espagnoles et à l’âme voyageuse.
Venue à la musique sur le tard, à 20 ans, en solitaire, cette fan inconditionnelle de Cat Power s’est révélée dès ses premiers concerts il y a six ans, sur la scène des Eurockéennes de Belfort. "Je travaillais dans l’organisation du festival d’hiver, commente-t-elle. Sachant que je composais, les programmateurs m’ont poussé à monter sur scène, en première de Daniel Darc, avec seulement quatre ou cinq morceaux. Quelque chose d’assez dément ! Je me suis alors sentie obligée de poursuivre, d’être à la hauteur de cette chance qu’on me donnait."
Suite à ce baptême du feu, Mina Tindle s’envole pour un séjour d’un an à Brooklyn, pour un stage de fin d’études. "Professionnellement, je m’ennuyais à mourir. Par contre, j’étais installée à Williamsburg (le quartier branché et nocturne de Brooklyn), au-dessus d’un club rock, et j’y découvrais quasiment tous les soirs des groupes formidables. C’est l’époque où j’ai commencé à me produire régulièrement sur scène, et à envisager sérieusement d’en faire ma vie."
De retour à Paris, la jeune chanteuse multiplie les collaborations avec quelques groupes amis de la scène indé (Toy Fight, The Limes) et publie un premier 45 T chez le label Sauvage Records. Déjà, l’idée d’un album "en artisan" fait son chemin, et c’est une rencontre en 2007, via Myspace, avec l’une de ses idoles d’adolescence, qui se révèlera déterminante : JP Nataf, l’ancien chanteur des Innocents, lancé depuis la fin du groupe dans une carrière solo et de multiples collaborations avec de jeunes artistes. "C’était un fantasme pour moi bien sûr, mais pour lui aussi. Il avait l’impression d’avoir trouvé en moi une sorte de perle rare."
Passé la fascination mutuelle, le duo se met au travail et peaufine, pendant pratiquement deux ans, ce premier album dans un studio parisien. "JP est quelqu’un d’extrêmement perfectionniste, méticuleux, qui a parfois du mal à mettre un point final sur le travail. Ce n’était pas qu’une simple réalisation d’album : son investissement et son exigence envers moi étaient presque aussi grands que pour ses propres chansons. On retrouve d’ailleurs beaucoup de lui dans ce disque."
Et le résultat s’en ressent : en français ou en anglais, les quatorze titres de l’album restituent une pop lumineuse et sans âge,incroyablement touffue, subtile et vivante.
Le renouveau de la pop française est en marche.
Mina Tindle - To Carry Many Small Things
1 Bells
2 To carry many small...
3 Time writer
4 Pan
5 Lovely day
6 Echo
7 Ukulele
8 Too loud
9 Sister
10 Alegria
11 Henry
12 Austin # 1
13 The good
14 Demain